mercredi

C'est la catastrophe

Je suis traumatisée. J'étais chez Audrey après l'école, on mangeait des raisins dans le Quik avec des concombres au Cheez Whiz. Je me mets à gueuler, c'est ben naturel.

- Journée de marde ! Le gros con à Sébastien a pas arrêté de me pitcher des petites boules de papier. Yaaaaaark. Ça a touché à sa salive bâtard. Ah je vas dégueuler je pense.

- Ben là... y est pas si pire que ça Sébass.

- Euh, quoi ? J'ai jamais rien vu d'aussi affreux. Sa grosse face joufflue. Ses cheveux gras. Il fait tout pour me faire suer. Y a essayé de me faire planter dins marches. Aussi il m'a dit : « T'es laide comme un cul de cheval ». Pis moi je fige, pas capable de répliquer.

- Tu l'as un peu cherché, il pourra peut-être pas avoir d'enfant après ton coup dans les couillettes.

- IL M'A DÉSNAPPÉ LE PANTALON. J'aurais dû frapper plus fort. Y est mieux de pas avoir d'enfant, ses enfants auraient sa grosse face pis ils seraient malheureux.

- T'exagères. Je le sais qu'il est con mais moi je le trouve pas laid.

- ?

- Je veux dire, ben, tsé, en général y est smatte avec moi.

- ?!

- Je le trouve beau, bon.

- !!!!!!!!

- J'ai le droit.

- T'es malade Audrey! Veux-tu m'a te dire ce qui est beau : Devon Sawa. Ça c'est quelqu'un qui a de l'avenir. Pas Sébastien-grosse-face-joufflue. T'as pas le droit d'aimer Sébastien, c'est mon ennemi !



Et cette conversation a continué sur le même sujet pendant deux heures. Finalement ma meilleure amie Audrey, si j'ai bien compris, essaye de me dire qu'elle a le kick sur cet affreux garçon, ce qui est déjà honteux au départ, mais le pire, c'est que cet affreux garçon est la personne qui fait de ma vie un véritable enfer, qui fait que je rentre chez moi et je pleure la face dans mon vieux toutou Zeddy, que je frappe la manette du Nintendo sur mes cuisses quand ça marche tout croche, que je longe les corridors de la poly, que je me trouve poche et laide comme un cheval peut-être.

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